L’épidémie de chikungunya continue de se propager sur l’île, avec plus de 5 800 cas confirmés pour la semaine du 17 au 26 mars 2025. Les autorités sanitaires renforcent leur appel à la vigilance, notamment pour les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées.
Des formes sévères chez les nouveau-nés
Depuis le début de l’épidémie, 14 nouveau-nés ont dû être hospitalisés en soins intensifs pédiatriques ou en réanimation néonatale :
- 2 cas d’encéphalite suite à une transmission mère-enfant,
- 12 infections survenues après la naissance, sans lien maternel.
Tous ces enfants présentaient des formes graves de la maladie, nécessitant une prise en charge médicale intensive.
Les recommandations pour les femmes enceintes
Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables au chikungunya, surtout au dernier trimestre. Pour limiter les risques, les autorités sanitaires préconisent :
- L’utilisation de répulsifs adaptés trois fois par jour,
- L’installation de moustiquaires sur les lits et aux ouvertures,
- Le port de vêtements longs,
- L’élimination des eaux stagnantes pour limiter la prolifération des moustiques.
Le vaccin Ixchiq, recommandé pour les publics prioritaires, n’est pas indiqué pour les femmes enceintes et les enfants. Seules les mesures de protection physique sont efficaces.
Une épidémie généralisée sur l’île
Depuis août 2024, plus de 20 242 cas ont été recensés. Les dernières données montrent une progression alarmante :
- Le Tampon est la commune la plus touchée avec 4 700 cas,
- Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre enregistrent une forte augmentation.
L’activité hospitalière suit la même tendance avec 129 nouvelles hospitalisations de plus de 24 heures sur la semaine écoulée. Parmi les patients, un quart ont moins de 6 mois et près de la moitié ont plus de 65 ans. Au total, 25 femmes enceintes et 17 nourrissons ont été hospitalisés.
Sensibilisation et campagne d’information
Face à l’intensification de l’épidémie, l’ARS et la préfecture ont lancé une campagne de sensibilisation intitulée “Tous acteurs, protégeons-nous, protégeons les plus fragiles”. Diffusée en radio, affichage et digital, elle vise à rappeler les gestes essentiels :
- Se protéger contre les piqûres (répulsifs, moustiquaires, vêtements couvrants),
- Supprimer les eaux stagnantes,
- Consulter un médecin en cas de symptômes,
- Maintenir la vigilance même après une infection.
Une enquête pour mieux comprendre l’impact de l’épidémie
L’ARS et l’Assurance Maladie ont mis en place une enquête téléphonique auprès des patients récemment infectés. L’objectif est d’analyser l’évolution des symptômes, les éventuelles séquelles et l’immunité collective. Plus de 400 patients ont déjà été interrogés. Un second entretien sera proposé six mois après l’infection pour détecter d’éventuelles formes chroniques.
🔗 Plus d’informations sur les mesures de protection et l’évolution de l’épidémie sur le site de l’ARS.