Manuel Valls entamera ce samedi un déplacement de plusieurs jours à La Réunion. Le ministre d’État chargé des Outre-mer séjournera sur l’île jusqu’au mardi 8 avril. Ce retour dans le département intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par les séquelles encore visibles du cyclone Garance qui a frappé l’île à la fin du mois de février.
Le détail de son agenda n’a pas encore été communiqué officiellement, mais l’accent devrait être mis sur les efforts de reconstruction, les enjeux sociaux et les aides à l’emploi.
Des pertes colossales liées au cyclone Garance
La tempête tropicale qui a balayé La Réunion le 28 février a laissé derrière elle un lourd bilan matériel. Les premières estimations font état de près de 250 millions d’euros de dommages. Le secteur agricole a été le plus fortement touché, avec plus de 150 millions d’euros de pertes recensées. Les exploitations maraîchères, les bananeraies et les élevages ont payé un lourd tribut.
La culture de la canne à sucre a également été durement affectée, avec une perte estimée à 80 millions d’euros. Dans certains secteurs, les baisses de rendement atteindraient entre 40 % et 60 %.
Sur le plan de l’habitat, les dégâts sont aussi notables. Une centaine de logements sociaux ont été déclarés inhabitables, nécessitant un relogement d’urgence, notamment dans l’est de l’île, à Saint-Benoît. L’ensemble des 24 communes du département a été reconnu en état de catastrophe naturelle.
Tensions autour des contrats aidés
Ce déplacement ministériel s’inscrit aussi dans un climat social marqué par une vive contestation. La réduction progressive des aides de l’État pour les Parcours Emploi Compétences (PEC) a provoqué une onde de choc parmi les élus, syndicats et associations.
En l’espace de quelques mois, la participation financière de l’État est passée de 60 % à 43,3 %, et la durée des contrats a été réduite à six mois. Cette évolution a été perçue comme un désengagement brutal, particulièrement malvenu dans un département où le taux de chômage reste élevé.
Une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes devant la préfecture cette semaine. La présidente de Région, Huguette Bello, a vivement dénoncé ces mesures, les qualifiant de « scandale absolu », et a claqué la porte d’une réunion organisée avec les services de l’État.
Le président du Département, Cyrille Melchior, a lui aussi critiqué une décision « totalement déconnectée des réalités locales », dans un territoire déjà fragilisé par les crises successives.
Une séquence politique chargée
Ce déplacement ministériel ne sera pas isolé. Agnès Pannier-Runacher, ministre en charge de la Transition écologique, est attendue les 14 et 15 avril à La Réunion. Ce calendrier précède la visite du président Emmanuel Macron, annoncée pour le 21 avril. Bien que l’Élysée ne l’ait pas encore officiellement confirmé, plusieurs sources proches des collectivités locales affirment que cette visite présidentielle est bel et bien prévue.